← v9n2, Fall 2010
Poetry · Volume 9, Number 2

Psaume 33, Patrice de la Tour du Pin

,

.

Tu m’assèches, tu me dépeuples, tu me creuses,

comme si tu voulais que je fusse une tombe

plus morte que son mort, mais que son mort fût toi . . .

Dieu qui d’un homme assis fais lever un nomade,

est-ce á toi que j’ai obéi?

J’aimais plus simplement lorsque j’étais petit.

Ma voix te bénissait dans ses bonheurs de dire!

Est-ce ta grâce? est-ce mon mal qui la déchire?

je ne sais même plus qui la torture ainsi.

Si c’est encore à toi que je crie mon angoisse,

je m’écoeure à l’entendre haletante et si basse:

mon battement de coeur n’est-il plus que ton glas?

Si je te crois encore le confident plus proche,

si je rêve toujours de chanter pour tes noces,

est-ce par habitude ou par amour de toi?

Pourquoi m’avoir chargé d’un tel désir de louange

si c’était pour me changer d’ange,

me confier à celui qui doit écarteler?

Encore si j’y voyais le sceau de ta souffrance,

si dans ton agonie je pouvais battre au sens

d’être brisé à mort pour mieux te ressembler!

Mais j’ai peur de tricher et d’aggraver ma dette . . .

tu n’es pas Dieu à demander ma tête

et qu’ai-je d’autre pour payer?